Ramen Shio maison
La vraie recette du bouillon clair et salé

塩ラーメン

Face aux bouillons opaques et corsés du tonkotsu ou du miso, le ramen shio cultive l’élégance de la sobriété. Ce style, l’un des plus anciens du Japon, mise sur un bouillon clair, légèrement doré, assaisonné principalement au sel plutôt qu’à la sauce soja ou au miso. Le résultat : un ramen tout en finesse, où chaque ingrédient — poulet, algues, fruits de mer — s’exprime distinctement, sans être masqué par un assaisonnement trop marqué.

Avant de commencer, un tour par nos recettes japonaises du quotidien peut vous inspirer d’autres idées.

Cette recette utilise un bouillon rapide au poulet et aux algues kombu, complété par des coquillages pour une note iodée subtile, puis assaisonné au moment du service avec un tare au sel pur. C’est sans doute le style de ramen le plus simple à réussir à la maison en une seule soirée.


  • Temps de préparation : 25 minutes
  • Temps de cuisson : 1h
  • Difficulté : facile
  • Pour : 2 personnes
  • Cuisine : traditionnelle
Pour faciliter vos courses, voici les ingrédients de votre recette japonaise.
  • 1,2 litre d’eau
  • 1 morceau d’algue kombu de 10 cm, essuyé (jamais rincé)
  • 2 hauts de cuisse de poulet avec la peau
  • 1 blanc de poireau, en tronçons
  • 2 gousses d’ail légèrement écrasées
  • 1 morceau de gingembre de 3 cm, en tranches
  • 8 palourdes ou coques, dégorgées (facultatif mais recommandé)
  • 2 c. à soupe de sel fin
  • 1 c. à soupe de saké
  • 1 c. à café d’huile de sésame grillé
  • 1 filet de jus de citron ou de yuzu, pour la fraîcheur
  • 200 g de nouilles ramen fines
  • 2 œufs marinés (ajitsuke tamago) ou œufs mollets nature
  • La chair du poulet utilisé pour le bouillon
  • Pousses de bambou (menma) ou pousses de soja blanchies
  • 1 feuille de nori, coupée en deux
  • Oignon nouveau ciselé et rondelles de citron pour le dressage
Laissez-vous guider par le chef à chaque étape pour réussir votre recette japonaise à la maison.

Le shio se prépare en trois temps courts : l’infusion du kombu,
la cuisson du poulet et des coquillages, puis le montage minute.

Placez le morceau de kombu dans l’eau froide, dans une grande casserole.
Laissez infuser au moins 30 minutes à température ambiante, ou toute une nuit au réfrigérateur pour un goût plus prononcé.
Retirez le kombu juste avant l’ébullition : prolongé à haute température, il rend le bouillon légèrement visqueux et amer.

Faites dorer les hauts de cuisse de poulet côté peau, sans matière grasse, dans la casserole contenant l’eau infusée au kombu.
Ajoutez le poireau, l’ail et le gingembre, puis portez à ébullition douce.
Écumez soigneusement les impuretés qui remontent en surface, à l’aide d’une écumoire.
Laissez frémir 40 minutes à couvert entrouvert, puis retirez le poulet, effilochez la chair et réservez-la.
Filtrez le bouillon à travers une passoire fine.

Rincez les palourdes ou coques dégorgées.
Faites-les ouvrir dans une petite casserole avec un fond d’eau, à couvert, 3 à 4 minutes à feu vif.
Filtrez soigneusement le jus de cuisson, en laissant reposer le sable éventuel au fond, et ajoutez-le au bouillon pour une note iodée supplémentaire.

Mélangez le sel, le saké et l’huile de sésame pour obtenir le tare shio.
Effilochez la chair de poulet réservée, coupez les œufs marinés en deux, préparez le menma et l’oignon nouveau.

Portez une grande quantité d’eau à ébullition dans une casserole distincte du bouillon.
Cuisez les nouilles selon le temps indiqué sur l’emballage, en les séparant dès leur immersion.
Égouttez très soigneusement sans rincer.

Réchauffez les bols à l’eau chaude puis videz-les.
Versez 1 cuillère à soupe et demie de tare shio dans chaque bol.
Ajoutez 350 ml de bouillon chaud et mélangez.
Déposez les nouilles, puis disposez le poulet effiloché, les palourdes, l’œuf, le menma, l’oignon nouveau et la nori.

Experte de la cuisine et de la culture japonaise familiale et de sa transmission à Paris

J’ai reçu la culture japonaise par transmission familiale (mon parcours). La passion de mon père et la cuisine de ma belle famille y ont joué un rôle majeur. A mon tour, je veux vous transmettre l’expérience d’un Japon authentique, par les saveurs, les goûts, les images, les récits.

Le shio est, je crois, le ramen que je recommande le plus souvent à ceux qui découvrent la cuisine des nouilles japonaises : moins impressionnant qu’un tonkotsu, moins salé qu’un shoyu, il laisse deviner tout le travail que demande un bon bouillon, sans jamais l’écraser sous l’assaisonnement.

Découvrir les conseils et astuces de chef japonais

Un kombu épais et légèrement poudré en surface (cette poudre blanche est du glutamate naturel, à ne surtout pas rincer) donne un bouillon nettement plus umami qu’un kombu bon marché.

dans certaines régions côtières du Japon, une fine tranche d’agrume est ajoutée au bol pour souligner la légèreté du bouillon — un geste simple qui change la perception du plat en une bouchée.

Contrairement à un bouillon déjà assaisonné, un bouillon shio nature se congèle très bien et permet de doser le tare à chaque service selon l’appétit.

Même une petite quantité de palourdes suffit à apporter une profondeur que le poulet seul ne donne pas.

Un bon ramen shio ne cherche pas à impressionner par la richesse de son bouillon, mais par sa précision : un kombu bien infusé, un poulet délicatement mijoté, un tare au sel bien dosé et des garnitures fraîches. C’est cette rigueur, plus que la complexité, qui distingue un vrai bol shio d’une simple soupe claire.

La solution consiste à surveiller la casserole dès qu’elle commence à chauffer, et à retirer l’algue au premier signe de frémissement.

Deuxième piège fréquent : sous-assaisonner par prudence, en pensant préserver la légèreté du shio. Un tare shio bien dosé reste indispensable pour révéler les saveurs du bouillon, sous peine d’obtenir un ramen fade plutôt que délicat.


Renforcez la garniture avec des crevettes décortiquées et des lamelles de calamar poêlées quelques secondes, pour un bol résolument marin.

Remplacez le poulet par un bouillon kombu et champignons shiitake, et salez directement le tare sans ajout de saké si vous préférez une version sans alcool.

Ajoutez quelques gouttes de jus de yuzu dans le tare, pour une note d’agrume japonais typique de certaines maisons de ramen du nord du Japon.

Un bouillon de volaille du commerce, réduit 15 minutes avec du kombu et du gingembre, permet une version dépannage tout à fait honorable.


Le shio est assaisonné principalement au sel, ce qui donne un bouillon clair et léger, tandis que le shoyu utilise la sauce soja comme base d’assaisonnement, pour un bouillon plus sombre et plus corsé.

Le shio est effectivement considéré comme l’un des styles les plus anciens de ramen au Japon, précédant l’usage généralisé du shoyu et du miso comme assaisonnements principaux.

Oui, les palourdes sont facultatives. Un bouillon au poulet et au kombu, bien assaisonné avec le tare shio, donne déjà un résultat très satisfaisant.

C’est généralement dû à un kombu laissé trop longtemps dans une eau portée à forte ébullition. Retirez-le dès les premiers frémissements pour éviter ce défaut.

Un sel fin de qualité, idéalement non iodé, convient parfaitement. Certains chefs japonais utilisent un sel marin légèrement minéral pour davantage de complexité.

Oui, le bouillon nature se conserve 2 à 3 jours au réfrigérateur et se congèle bien. Préparez le tare séparément et assemblez au dernier moment.

Des nouilles fines et légèrement ondulées sont traditionnellement associées au shio, car elles retiennent juste assez de bouillon sans l’alourdir.

Oui, un bouillon à base de dashi de poisson et de kombu constitue une variante shio tout à fait traditionnelle, en particulier dans les régions côtières du Japon.

Le shio reste assaisonné au sel et n’est donc pas un ramen fade, mais son profil est généralement perçu comme plus délicat et moins salin qu’un shoyu ou un miso bien tare.

Quelques gouttes de jus de citron ou de yuzu, ou un trait d’huile de sésame grillé au moment du service, suffisent à ajouter du relief sans alourdir le bouillon.

Itadakimasu ! Bon appétit !

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