
Buta no Shogayaki Maison
Le porc sauté au gingembre japonais
豚の生姜焼き
Le shogayaki, le plat du quotidien préféré des Japonais
Si vous demandez à un Japonais quel teishoku — ce plateau-repas composé d’un plat principal, de riz, de soupe miso et de pickles — il commande le plus souvent au restaurant, le buta no shogayaki figure presque toujours dans le trio de tête. Ce porc sauté, mariné au gingembre frais et à la sauce soja, est de ceux qui séduisent immédiatement : rapide à préparer, généreux en goût, et suffisamment simple pour devenir un réflexe de semaine plutôt qu’une recette du dimanche.
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C’est justement cette simplicité qui exige de la précision. Une marinade trop courte donne un porc fade ; une cuisson trop longue le rend sec et caoutchouteux. Voici la méthode que j’utilise pour obtenir, à chaque fois, ces tranches de porc tendres et légèrement caramélisées, avec ce piquant discret du gingembre frais qui doit rester présent sans dominer.

- Temps de préparation : 10 minutes + 15 minutes marinade
- Temps de cuisson : 8 minutes
- Difficulté : facile
- Pour : 2 personnes
- Cuisine : quotidienne

Les Ingrédients pour un
buta no shogayaki (2 personnes)
Pour le porc
- 300 g d’échine de porc en tranches fines (idéalement 3 à 4 mm, comme pour le shabu-shabu)
- 1 c. à soupe de farine (facultatif, pour lier la sauce)
- 1 c. à soupe d’huile neutre
Pour la marinade
- 2 c. à soupe de sauce soja
- 2 c. à soupe de mirin
- 1 c. à soupe de saké
- 1 c. à café de sucre
- 2 c. à café de gingembre frais râpé (avec son jus)
- 1/2 gousse d’ail râpée (facultatif, non traditionnel mais très répandu aujourd’hui)
Pour l’accompagnement
- 1/4 de chou blanc, émincé finement en fine julienne, et rincé à l’eau glacée pour le rendre croquant
- 2 bols de riz blanc chaud
- Quelques tomates cerises ou tranches de tomate
- Mayonnaise japonaise (Kewpie), facultative


Étapes de la recette pas-à-pas
Étape 1 – Préparer la marinade
Mélangez la sauce soja, le mirin, le saké, le sucre et le gingembre fraîchement râpé (jus compris) dans un plat creux ou un sac de congélation. Le gingembre doit être râpé au dernier moment : son parfum s’évapore vite une fois exposé à l’air.
Étape 2 – Mariner le porc
Déposez les tranches de porc dans la marinade en les séparant délicatement pour que chacune soit bien enrobée. Laissez reposer 15 minutes à température ambiante, pas davantage : une marinade trop longue rend la viande pâteuse en surface à cause de l’acidité du mirin.
Étape 3 – Préparer le chou
Émincez le chou en julienne très fine, plongez-le quelques minutes dans un bol d’eau glacée pour le rendre croquant, puis égouttez-le soigneusement et réservez au frais jusqu’au service.
Étape 4 – Saisir le porc
Égouttez les tranches de porc en réservant la marinade. Si vous souhaitez une sauce plus nappante, farinez légèrement chaque tranche. Faites chauffer l’huile dans une poêle large à feu vif jusqu’à ce qu’elle fume légèrement. Déposez les tranches sans les superposer, en plusieurs fournées si nécessaire pour ne pas surcharger la poêle.
Étape 5 – Cuire rapidement et napper de sauce
Laissez colorer 1 à 2 minutes de chaque côté, sans plus : le porc en tranches fines cuit très vite et devient sec au-delà. Une fois les deux faces bien dorées, versez la marinade réservée dans la poêle. Laissez réduire à feu vif 30 à 60 secondes, en remuant, jusqu’à ce que la sauce nappe légèrement les tranches.
Étape 6 – Dresser
Disposez les tranches de porc sur les assiettes, nappez du reste de sauce de la poêle, et accompagnez du chou émincé bien froid, du riz chaud et de quelques tomates cerises. Un trait de mayonnaise japonaise sur le chou est un ajout non traditionnel mais très apprécié dans de nombreux foyers.

J’ai reçu la culture japonaise par transmission familiale. La passion de mon père et la cuisine de ma belle famille y ont joué un rôle majeur. A mon tour, je veux vous transmettre l’expérience d’un Japon authentique, par les saveurs, les goûts, les images, les récits.
Le buta no shogayaki est le plat que je prépare quand le temps manque mais que je refuse de sacrifier le goût : c’est, avec le nikujaga, l’un des rares plats japonais que je peux improviser sans jamais consulter une recette, tant les proportions se sont ancrées avec les années. Ce que ma belle-mère Keiko-san m’a appris, c’est que le secret ne réside pas dans la quantité de gingembre, contrairement à ce que l’on pense souvent en dehors du Japon, mais dans la rapidité de la cuisson : un porc saisi trop longtemps perd toute sa tendreté, quelle que soit la qualité de la marinade. C’est un plat de gestes précis plus que d’ingrédients rares, et c’est exactement ce qui en fait, à mes yeux, l’un des meilleurs exemples de la cuisine japonaise du quotidien.


Les astuces de chef japonais
Râper le gingembre au dernier moment
Son parfum volatile s’évapore vite ; préparez la marinade juste avant de mariner la viande.
Ne pas mariner plus de 15 à 20 minutes
L’acidité du mirin et le sel de la sauce soja finissent par rendre la surface de la viande pâteuse au-delà de cette durée.
Cuire en plusieurs fournées plutôt
que de surcharger la poêle
Une poêle trop pleine fait tomber la température, et le porc mijote au lieu de saisir : il perd alors sa jolie caramélisation.
Rincer le chou à l’eau glacée
C’est ce geste, plus que la découpe elle-même, qui donne au chou son croquant caractéristique dans les teishoku japonais.
L’erreur classique : un porc sec et caoutchouteux
L’erreur la plus fréquente consiste à laisser cuire le porc trop longtemps, par crainte qu’il ne soit pas assez cuit. Comme les tranches sont très fines, cette inquiétude est rarement justifiée : au bout de deux minutes de chaque côté à feu vif, la viande est déjà cuite à cœur. La prolonger davantage ne fait que l’assécher et la rendre caoutchouteuse, en particulier si la poêle n’est pas assez chaude au départ.

Le remède japonais : attendez que l’huile fume légèrement avant d’ajouter la viande, ne surchargez jamais la poêle, et retirez les tranches dès qu’elles sont dorées des deux côtés plutôt que d’attendre un signe de cuisson supplémentaire. Si le porc vous semble encore rosé au centre malgré la coloration, c’est le plus souvent normal pour de l’échine fine : la chaleur résiduelle termine la cuisson pendant que vous nappez de sauce.
Variantes du buta no shogayaki
Shogayaki au poulet (tori no shogayaki)
Remplacez le porc par des hauts de cuisse de poulet coupés en fines lamelles, pour une version plus légère au même assaisonnement.
Shogayaki à l’oignon
Ajoutez un oignon émincé dans la poêle avant le porc : une variante très répandue qui apporte du fondant et une légère douceur à la sauce.
Shogayaki en bento
Ce plat se prête très bien à la boîte-repas : préparez-le la veille, laissez-le refroidir complètement, et glissez-le dans un bento aux côtés d’un riz assaisonné et de légumes croquants.
Shogayaki au tofu
Pour une version végétarienne, remplacez le porc par du tofu ferme épongé et coupé en tranches épaisses, saisi de la même façon.
Don de shogayaki (shogayaki don)
Servez le porc et sa sauce directement sur un bol de riz chaud, façon donburi, pour un repas encore plus rapide et généreux.

FAQ – Vos questions sur le buta no shogayaki
Quelle coupe de porc utiliser pour un shogayaki authentique ?
L’échine (kata-loin) en tranches très fines, de 3 à 4 mm, est la coupe traditionnelle : elle reste tendre même après une cuisson rapide et vive.
Peut-on préparer la marinade à l’avance ?
Oui, la marinade elle-même se prépare sans problème à l’avance. En revanche, ne laissez pas la viande mariner plus de 15 à 20 minutes avant la cuisson.
Pourquoi mon porc est-il sec après cuisson ?
La cuisson a probablement été trop longue ou la poêle pas assez chaude au départ. Une cuisson vive de 1 à 2 minutes par face suffit largement pour des tranches fines.
Peut-on utiliser du gingembre en poudre à la place du gingembre frais ?
Ce n’est pas recommandé : le gingembre frais apporte à la fois le piquant et le jus qui lient la sauce. Le gingembre en poudre donne un résultat beaucoup plus plat.
Comment obtenir un chou bien croquant en accompagnement ?
Émincez-le très finement, puis plongez-le quelques minutes dans l’eau glacée avant de l’égoutter soigneusement : c’est ce choc thermique qui raffermit les fibres.
Le shogayaki se mange-t-il avec du riz ou du pain ?
Traditionnellement avec un bol de riz blanc, dans le cadre d’un teishoku complet accompagné d’une soupe miso et de quelques pickles.
Peut-on préparer ce plat en grande quantité pour plusieurs personnes ?
Oui, mais cuisez la viande en plusieurs fournées : une poêle surchargée fait baisser la température et empêche la belle caramélisation recherchée.
Le shogayaki se conserve-t-il bien pour le lendemain ?
Oui, il se réchauffe correctement à la poêle ou se glisse froid dans un bento. Évitez toutefois de le réchauffer trop longtemps, au risque de l’assécher davantage.
Quelle est la différence entre shogayaki et teriyaki ?
Le teriyaki mise sur une sauce plus sucrée et souvent plus épaisse, tandis que le shogayaki se distingue par la présence marquée du gingembre frais, plus piquante et moins sucrée.
Peut-on remplacer le mirin ?
À défaut, un mélange de saké et d’une pincée de sucre supplémentaire peut dépanner, mais le mirin reste la meilleure option pour l’équilibre sucré-salé recherché.
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