Chawanmushi Maison
Le flan salé japonais à la vapeur

茶碗蒸し

Le chawanmushi — littéralement « cuit à la vapeur dans un bol à thé » — est sans doute l’un des plats japonais les plus délicats à réussir, précisément parce qu’il ne repose que sur trois éléments : de l’œuf, du dashi, et une poignée de garnitures choisies avec soin. Servi en entrée dans les restaurants gastronomiques comme dans certains foyers pour les grandes occasions, ce flan salé à la texture soyeuse, presque tremblotante, se déguste à la cuillère, tiède, directement dans son bol de cuisson.

Retrouvez l’ensemble de nos recettes japonaises expliquées pas à pas, ingrédients et techniques à l’appui.

Ce qui rend le chawanmushi exigeant, ce n’est pas la liste des ingrédients, mais la précision du geste : un excès de chaleur, un mélange trop battu, ou un temps de cuisson mal maîtrisé, et la texture lisse recherchée se transforme en surface criblée de petits trous, signe d’un œuf qui a trop cuit. Voici la méthode pour obtenir, à chaque fois, ce flan parfaitement lisse que l’on associe à la haute cuisine japonaise, tout en restant réalisable à la maison.


  • Temps de préparation : 20 minutes
  • Temps de cuisson : 15-20 minutes
  • Difficulté : intermédiaire
  • Pour : 4 personnes
  • Cuisine : traditionnelle
Pour faciliter vos courses, voici les ingrédients de votre recette japonaise.
  • 3 œufs
  • 600 ml de dashi froid ou tiède (jamais chaud)
  • 1 c. à café de sauce soja claire (usukuchi shoyu de préférence, à défaut sauce soja classique en très petite quantité)
  • 1 c. à café de mirin
  • 1/2 c. à café de sel
  • 100 g de blanc de poulet, coupé en petits morceaux
  • 4 crevettes décortiquées, déveinées
  • 1 shiitake frais, émincé
  • 4 fines tranches de kamaboko (pâte de poisson japonaise), facultatif
  • 4 petites branches de mitsuba (persil japonais) ou de ciboulette, pour la finition
  • Quelques feuilles d’épinard blanchies, facultatif
Laissez-vous guider par le chef à chaque étape pour réussir votre recette japonaise à la maison.

Assaisonnez légèrement le poulet d’une pincée de sel. Faites-le revenir brièvement à la poêle
jusqu’à ce qu’il change de couleur, sans le cuire entièrement : il finira sa cuisson à la vapeur.
Répartissez le poulet, les crevettes, le shiitake et le kamaboko dans le fond de quatre bols
résistants à la chaleur (idéalement des chawanmushi-ki, ou à défaut de petits bols en céramique ou en verre).

Battez les œufs dans un bol, mais sans excès : le geste doit être régulier et posé,
non pas vigoureux comme pour une omelette. L’objectif est d’obtenir un mélange homogène sans incorporer de bulles d’air,
qui deviendraient des trous disgracieux à la cuisson.
Ajoutez le dashi froid ou tiède, la sauce soja claire, le mirin et le sel. Mélangez délicatement.
Filtrez impérativement le mélange à travers une passoire fine, en pressant doucement :
cette étape retire les chalazes de l’œuf (les filaments blancs) et les dernières bulles, pour garantir une texture parfaitement lisse.

Répartissez délicatement l’appareil filtré dans les bols, par-dessus les garnitures, jusqu’aux trois quarts environ.
Écumez à la surface les éventuelles bulles restantes avec une cuillère. Couvrez chaque bol de papier aluminium
ou de son couvercle s’il en possède un : cela évite que la condensation ne retombe dans le flan pendant la cuisson.

Installez les bols dans un cuit-vapeur ou une grande casserole avec un peu d’eau frémissante
au fond et une grille. L’eau ne doit jamais bouillir fort : maintenez un frémissement très léger,
quitte à entrouvrir légèrement le couvercle de la casserole pour laisser échapper l’excès de vapeur.
Faites cuire 15 à 20 minutes selon la taille des bols.

Piquez le centre d’un flan avec une brochette fine : si le liquide qui s’écoule est clair,
le chawanmushi est cuit. S’il est encore trouble, poursuivez la cuisson par tranches de 2 minutes
en vérifiant à chaque fois. Retirez les bols de la vapeur, ôtez le couvercle, garnissez de mitsuba ou de ciboulette,
et servez tiède, directement dans le bol de cuisson avec une petite cuillère.

Experte de la cuisine et de la culture japonaise familiale et de sa transmission à Paris

J’ai reçu la culture japonaise par transmission familiale (voir mon parcours entre la France et le Japon). La passion de mon père et la cuisine de ma belle famille y ont joué un rôle majeur. A mon tour, je veux vous transmettre l’expérience d’un Japon authentique, par les saveurs, les goûts, les images, les récits.

Le chawanmushi est le plat qui m’a le plus appris sur la notion japonaise de contrôle du feu : contrairement à beaucoup de recettes où l’on peut se permettre une certaine tolérance, ici, quelques degrés en trop suffisent à ruiner la texture. Je me souviens de mes premiers essais, où j’avais laissé l’eau bouillir franchement par impatience : le résultat, criblé de petits trous, était comestible mais loin de cette texture soyeuse que j’avais goûtée au Japon.

C’est un plat qui demande de ralentir, littéralement, et c’est peut-être pour cela qu’il occupe une place à part dans mon répertoire : il m’oblige à retrouver la patience que la cuisine japonaise enseigne mieux que n’importe quel autre plat que je connaisse.

Découvrir les conseils et astuces de chef japonais

C’est l’étape la plus souvent négligée et pourtant la plus déterminante pour obtenir une texture parfaitement lisse, sans chalazes ni bulles.

Entrouvrir légèrement le couvercle de la casserole pendant la cuisson permet d’évacuer l’excès de vapeur et d’éviter les à-coups de température.

Un dashi encore chaud commencerait à cuire les œufs avant même la mise à la vapeur, ce qui fragilise la texture finale.

Cela évite que les gouttes de condensation ne retombent sur la surface du flan et n’y creusent de petits cratères disgracieux.

Le remède japonais : réduisez systématiquement le feu dès que la vapeur commence à se former, et entrouvrez le couvercle de la casserole pour laisser s’échapper l’excès de chaleur — un geste qui peut sembler contre-intuitif mais qui est la clé d’une cuisson douce et régulière. Si malgré tout la surface présente quelques petits trous, le goût n’est pas affecté : c’est uniquement une question de texture, à corriger la fois suivante en baissant davantage le feu.


Remplacez le poulet et les crevettes par des champignons variés (shiitake, enoki) et un dashi 100 % kombu, pour une version tout aussi élégante sans protéine animale.

Ajoutez quelques morceaux de chair de crabe à la place des crevettes, pour une version plus raffinée souvent servie lors des repas de fête.

Quelques noix de ginkgo (ginnan) décortiquées, ajoutées aux garnitures, sont un classique des versions les plus traditionnelles servies au restaurant.

Une variante généreuse où l’on ajoute des nouilles udon cuites au fond du bol avant l’appareil à œuf, pour un plat plus consistant, à mi-chemin entre l’entrée et le plat principal.

Une fois cuit, laissez refroidir puis réfrigérez quelques heures : servi frais, le chawanmushi devient une entrée rafraîchissante particulièrement appréciée pendant les étés humides du Japon.


C’est le signe d’une cuisson à trop forte vapeur. Réduisez le feu dès que la vapeur se forme et entrouvrez légèrement le couvercle de la casserole pour une cuisson plus douce.

Il se déguste idéalement tiède, juste après cuisson. Vous pouvez toutefois le préparer un peu à l’avance et le réchauffer très doucement à la vapeur, en évitant toute forte chaleur.

De petits bols en céramique ou en verre résistant à la chaleur, avec ou sans couvercle, conviennent parfaitement ; couvrez-les simplement de papier aluminium.

Cette étape retire les chalazes (filaments blancs de l’œuf) et les bulles d’air, deux causes fréquentes d’une texture irrégulière une fois cuite.

Le dashi reste préférable pour l’authenticité du goût, mais un bouillon de volaille clair et peu salé peut dépanner en l’absence de dashi.

Généralement 15 à 20 minutes à vapeur douce, selon la taille des bols. Vérifiez la cuisson en piquant le centre : le liquide qui s’écoule doit être clair.

Traditionnellement tiède, à la sortie de la cuisson, mais certaines variantes estivales se dégustent volontairement froides.

Poulet, crevettes, shiitake et kamaboko forment la base la plus classique, mais le plat s’adapte facilement selon les saisons et les ingrédients disponibles.

Les ingrédients sont simples, mais la maîtrise de la température de cuisson demande de la pratique. Les premiers essais peuvent présenter quelques trous en surface sans que le goût en soit affecté.

Le chawanmushi repose entièrement sur la coagulation de l’œuf pour sa texture ; il n’existe pas de version traditionnelle sans œuf, mais un flan salé à base de tofu soyeux peut s’en inspirer librement.

Itadakimasu ! Bon appétit !

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